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FRANCE : Liste des substances néonicotinoïdes interdites

La liste des substances de la famille des néonicotinoïdes interdites à partir du 1er septembre 2018 dans les produits phytopharmaceutiques et les traitements de semences a été publiée le 1er août. Cette interdiction est prévue par la loi sur la biodiversité de 2016, avec des dérogations possible au cas par cas jusqu’au 1er juillet 2020.

Selon le décret 2018-675 du 30 juillet pris pour application de l’article L.253-8 du code rural et de la pêche maritime, cinq substances sont concernées : acétamipride, clothianidine, imidaclopride, thiaclopride et thiamétoxame. Trois d’entre elles (clothianidine, imidaclopride et thiamétoxame), font déjà l’objet d’une restriction d‘utilisation au niveau européen depuis 2013 (voir le Règlement (UE) N°485/2013). Cette restriction vient d’être récemment étendue n’autorisant leur utilisation que dans des serres permanentes où aucun contact avec les abeilles n’est attendu (Règlements (UE) N°2018/783, N°2018/784 et N°2018/785 du 29 mai 2018).

A télécharger : Décret n° 2018-675 du 30 juillet 2018 relatif à la définition des substances actives de la famille des néonicotinoïdes présentes dans les produits phytopharmaceutiques

 

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EUROPE : Interdiction de néonicotinoïdes pour les usages en champ

FRANCE : Risques/Bénéfices des néonicotinoïdes et de leurs alternatives

 

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FRANCE : Ecophyto II+, actualisation et renforcement d’Ecophyto II

La version II+ du plan Ecophyto visant à actualiser et à renforcer le plan Ecophyto II a été examinée lors du Comité d’Orientation Stratégique et de suivi (COS) du 27 juillet 2018. Cette nouvelle version intègre les actions engagées dans le cadre du plan d’actions sur les produits phytopharmaceutiques et une agriculture moins dépendante aux pesticides du 25 avril 2018, et du plan d’actions de sortie en trois ans du glyphosate du 22 juin 2018.

Parmi les points abordés, les ministres ont notamment annoncé que les autorisations de mise sur le marché des produits contenant du glyphosate ne pourront être renouvelées que pour une durée de trois ans maximum, dans un premier temps. Par ailleurs, une interdiction progressive a été prévue pour les usages pour lesquels des solutions alternatives, non chimiques, couramment utilisées, seront mises en évidence par les évaluations comparatives.

Concernant les néonicotinoïdes, les ministres ont indiqué que seules de rares dérogations aux interdictions prévues sont envisageables. Ces dérogations concerneront uniquement les produits à base d’acétamipride, pour de faibles volumes, et après une évaluation approfondie de leurs impacts.

La consultation publique pour Ecophyto II+, initialement annoncée pour juillet 2018, est reportée à l’automne 2018. Sa publication devrait avoir lieu d’ici fin 2018.

 

A télécharger :

Communiqué de presse du 27 juillet 2018 – Réunion du comité d’orientation stratégique et de suivi (COS) du plan Ecophyto

 

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FRANCE : Plan d’action sur les produits phytopharmaceutiques

 

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FRANCE : Risques/Bénéfices des néonicotinoïdes et de leurs alternatives

L’Anses a publié ce 30 mai son avis final concernant les risques et bénéfices des produits phytopharmaceutiques à base de néonicotinoïdes et de leurs alternatives. L’évaluation engagée en 2016 s’inscrit dans le cadre de l’application de la loi « pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages ». Cette loi prévoit l’interdiction des produits phytopharmaceutiques contenant des substances actives de la famille des néonicotinoïdes, ainsi que des semences traitées avec ces produits, à compter du 1er septembre 2018, avec des dérogations possibles jusqu’au 1er juillet 2020 sur la base d’une comparaison établie par l’Anses sur les bénéfices et les risques liés aux usages de ces produits avec ceux de produits de substitution ou de méthodes alternatives.

A noter, que les restrictions d’utilisation de cette famille d’insecticides sont aussi mises en place à l’échelle européenne. En effet, ce 30 mai ont également été publiés au journal Officiel de l’UE, les règlements (UE) 2018/783, 2018/784 et 2018/785 qui limitent l’utilisation de l’Imidaclopride, de la Clothianidine et du Thiaméthoxame, aux serres permanentes ou pour le traitement de semences destinées à être utilisées uniquement dans des serres permanentes, la culture obtenue devant rester dans une serre permanente tout au long de son cycle de vie.

Les États membres doivent modifier ou retirer les autorisations des produits contenant ces substances au plus tard le 19 septembre 2018, avec un délai de grâce fixé au 19 décembre 2018.

L’avis de l’Anses se présente sous forme de 3 tomes :

– l’identification des alternatives aux usages autorisés des néonicotinoïdes

Des alternatives chimiques et non chimiques ont été identifiées pour la majorité des 130 usages autorisés des néonicotinoïdes. Six cas ne présentent aucune alternative.

Les alternatives chimiques reposent sur une même famille de substances actives, ou une seule substance active voire sur un seul produit commercialisé.

En l’état actuel des connaissances, les méthodes non chimiques apparaissant comme les plus aptes à remplacer immédiatement, efficacement et durablement les néonicotinoïdes sont la lutte biologique, la lutte physique par application d’une couche protectrice (huile de paraffine, argile…), et la lutte par confusion sexuelle, lorsque ces méthodes sont d’ores et déjà disponibles en France ou aisément transférables.

– l’identification d’indicateurs de risque pour l’homme et l’environnement, y compris pour les pollinisateurs

Deux indicateurs de risque pour la santé humaine (exposition alimentaire et non alimentaire) et six indicateurs de risque pour l’environnement (risque pour les oiseaux, les mammifères, les vers de terre, les organismes aquatiques, les abeilles et les eaux souterraines) ont été utilisés mais ne permettent pas de conclure de façon globale et synthétique quant aux substances actives qui présenteraient le profil de risques le moins défavorable par rapport à celui des néonicotinoïdes.

– l’étude de l’impact sur l’activité agricole susceptible de résulter de l’interdiction de l’utilisation des produits concernés

La conduite d’une évaluation de l’impact agricole de l’interdiction des néonicotinoïdes, outre le fait qu’elle n’en aborde pas les conséquences environnementales, sanitaires et sociales pour lesquelles le consensus scientifique n’est pas établi, soulève un certain nombre de difficultés qui n’ont pu être résolues, en particulier des questions d’ordre méthodologique et des questions concernant la disponibilité et la fiabilité des données. Les perspectives issues des pratiques alternatives restent donc à conforter et des méthodes d’analyse économique consacrées aux capacités de transformation et d’adaptation des systèmes agricoles sont à développer.

En conclusion, l’Anses rappelle qu’une lutte efficace contre les ravageurs passe par la combinaison de différentes méthodes. L’agence alerte sur le fait que l’interdiction d’utilisation des substances appartenant à la famille des néonicotinoïdes risque d’entraîner une résistance accrue aux autres insecticides, en particulier les pyréthrinoïdes, s’ils sont utilisés en alternatives. D’après l’Anses, il est aujourd’hui difficile de définir l’impact qu’aura cette interdiction sur l’activité agricole. Elle recommande d’accélérer la mise à disposition de méthodes alternatives, efficaces et respectueuses de l’Homme et de l’environnement, pour la protection et la conduite des cultures (médiateurs chimiques, auxiliaires, etc.).

A télécharger :

AVIS et RAPPORT de l’Anses « Risques et bénéfices relatifs des alternatives aux produits phytopharmaceutiques comportant des néonicotinoïdes » – Tome 1

AVIS et RAPPORT de l’Anses « Risques et bénéfices relatifs des alternatives aux produits phytopharmaceutiques comportant des néonicotinoïdes » – Tome 2

AVIS et RAPPORT de l’Anses « Risques et bénéfices relatifs des alternatives aux produits phytopharmaceutiques comportant des néonicotinoïdes » – Tome 3

 

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Europe : Interdiction de néonicotinoïdes pour les usages en champ

FRANCE : l’Anses préconise le renforcement des conditions d’utilisation des Néonicotinoïdes

EUROPE : Interdiction de néonicotinoïdes pour les usages en champ

En février 2018, l’EFSA a publié une mise à jour d’évaluations scientifiques pour les abeilles qui confirment le risque posé par trois néonicotinoïdes, l’imidaclopride, la clothianidine et le thiaméthoxame, dans le cadre de leurs utilisations comme traitement de semences et granulés. L’EFSA a présenté ses conclusions aux gestionnaires de risque de la Commission européenne et des Etats membres en mars 2018.

Le 27 avril 2018, les représentants des Etats membres du Comité permanent ont adopté la proposition de restrictions d’utilisation de la Commission pour ces trois substances néonicotinoïdes. Les restrictions acceptées vont au-delà des mesures déjà en place depuis 2013 (voir le Règlement (UE) N°485/2013). L’utilisation de ces trois substances sera interdite en plein champ et uniquement autorisée dans des serres permanentes où aucun contact avec les abeilles n’est attendu.

Le règlement sera adopté par la Commission européenne dans les prochaines semaines et sera applicable d’ici la fin de l’année.

En France, l’Anses a publié en mars 2018 son second rapport d’étape sur les alternatives à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques contenant des néonicotinoïdes dont le rapport final sera publié au second trimestre 2018. Dans ce second rapport d’étape, les alternatives aux usages sur vigne, betterave industrielle et fourragère, céréales à paille, maïs et laitue ont été identifiées et des indicateurs de risques leur ont été appliqués. Concernant l’impact des néonicotinoïdes sur la santé humaine, l’expertise ne met pas en évidence d’effet nocif, pour les usages fixés par les autorisations de mise sur le marché. Toutefois, s’agissant du thiaclopride, compte tenu des caractéristiques de danger de la substance et de l’accroissement important de son utilisation, l’Agence recommande de réduire au maximum ses usages.

Pour aller plus loin :

European Commission: Neonicotinoids (en anglais)

Néonicotinoïdes : l’ANSES publie son second rapport d’étape

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EUROPE : L’EFSA met à jour l’évaluation du risque des néonicotinoïdes pour les abeilles : le risque est confirmé

FRANCE : l’Anses préconise le renforcement des conditions d’utilisation des Néonicotinoïdes

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EUROPE : L’EFSA met à jour l’évaluation du risque des néonicotinoïdes pour les abeilles : le risque est confirmé

L’EFSA a publié une mise à jour de ses évaluations du risque pour les abeilles des trois néonicotinoïdes, clothianidine, imidaclopride et thiaméthoxame, dans le cadre de leurs utilisations comme traitement de semences et granulés. Ces néonicotinoïdes font actuellement l’objet de restrictions au niveau européen en raison de préoccupations concernant leurs effets sur les abeilles.

Dans le cadre des nouvelles évaluations, les abeilles sauvages (bourdons et abeilles solitaires) ont été considérées en plus des abeilles domestiques et le document guide récent sur l’évaluation des risques pour les abeilles (EFSA, 2013) a été appliqué. Par ailleurs, une vaste collecte de données a été réalisée afin de rassembler l’ensemble des données scientifiques pertinentes et notamment celles générées depuis les évaluations précédentes de 2013. En accord avec les évaluations antérieures, trois modes d’exposition des abeilles ont été pris en compte : les résidus dans le pollen et le nectar, la dérive de poussières produites durant le semis/l’application et les résidus dans l’eau.

Les nouvelles évaluations du risque ont permis de mettre en évidence un risque important pour au moins un type d’abeille et une voie d’exposition pour l’ensemble des usages en extérieur de la clothianidine, de l’imidaclopride et du thiaméthoxame. Dans de nombreux cas, il a été mis en évidence que les abeilles butinant dans, ou aux alentours, des champs traités peuvent être exposés à des niveaux délétères de ces néonicotinoïdes. Par ailleurs, l’EFSA a déterminé que dans certaines situations, la persistance et l’accumulation des néonicotinoïdes dans le sol pourrait également conduire à des taux de résidus dans les plantes dangereux pour les abeilles. De ce fait, l’EFSA conclut que le risque pour les abeilles engendré par l’utilisation de ces néonicotinoïdes comme traitement de semences et granulés est confirmé.

 

A télécharger :

Peer review of the pesticide risk assessment for bees for the active substance clothianidin considering the uses as seed treatments and granules. (En anglais)

Peer review of the pesticide risk assessment for bees for the active substance imidacloprid considering the uses as seed treatments and granules. (En anglais)

Peer review of the pesticide risk assessment for bees for the active substance thiamethoxam considering the uses as seed treatments and granules. (En anglais)

Evaluation of the data on clothianidin, imidacloprid and thiamethoxam for the updated risk assessment to bees for seed treatments and granules in the EU. (En anglais)

Q&A: Conclusions on neonicotinoids 2018. (En anglais)

 

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FRANCE : l’Anses préconise le renforcement des conditions d’utilisation des Néonicotinoïdes

FRANCE : Consultation publique d’un projet de décret sur les néonicotinoïdes

EFSA Pesticides et abeilles : appel de données

 

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FRANCE : Consultation publique d’un projet de décret sur les néonicotinoïdes

Un projet de décret est en consultation publique du 14/02 au 15/03/2017. Il liste 7 substances actives de la famille des néonicotinoïdes qui seront interdites à partir du 1er Septembre 2018 en application de la loi pour la reconquête de la biodiversité : Acétamipride, Clothianidine, Dinotéfurane*, Imidaclopride, Nitenpyrame*, Thiaclopride et Thiamétoxame.

La loi pour la reconquête de la biodiversité prévoit que des dérogations à cette interdiction pourront être accordées jusqu’au 1er juillet 2020 par arrêté conjoint des ministres chargés de l’agriculture, de l’environnement et de la santé pris sur la base d’un bilan établi par l’Anses. Ce bilan sera rendu public et portera sur les impacts sur l’environnement, notamment sur les pollinisateurs, sur la santé publique et sur l’activité agricole.

L’Anses a annoncé lors de la présentation de son programme de travail pour l’année 2017 que des travaux relatifs à la comparaison des néonicotinoïdes et de leurs alternatives ont d’ores et déjà été engagés. Ces travaux amèneront à comparer plus de 3500 usages. Les premiers résultats seront disponibles en 2017.

A télécharger :

Consultation publique – Projet de décret relatif à la liste des substances actives de la famille des néonicotinoïdes présentes dans les produits phytopharmaceutiques

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* substances non autorisée dans l’Union européenne

FRANCE : La loi pour la reconquête de la biodiversité est parue

Après une adoption définitive par le Parlement le 20 juillet 2016, et une validation par le Conseil constitutionnel le 4 août 2016, la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages a été publiée au Journal officiel du 9 août 2016.

Le texte qui aura connu un parcours législatif de plus de deux ans, est constitué de 174 articles.

Parmi les dispositions les plus importantes de cette loi, on retiendra :

– la création de l’Agence française pour la biodiversité (AFB), issue de quatre organismes existants (l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques, l’Agence des aires marines protégées, l’établissement des Parcs nationaux de France et l’Atelier technique des espaces naturels); elle sera opérationnelle dès le 1er janvier 2017 avec 1200 agents ;

– l’inscription dans le code civil du principe de réparation du préjudice écologique (principe du pollueur-payeur) ;

– l’introduction dans le Code de l’environnement de nouveaux principes comme ceux de non-régression de la protection de l’environnement et d’absence de perte nette de biodiversité.

Dans le domaine phytopharmaceutique, l’interdiction des néonicotinoïdes a été validée. Ainsi, l’article 125 précise que l’utilisation de produits contenant une ou des substances actives de la famille des néonicotinoïdes et de semences traitées avec ces produits est interdite à compter du 1er septembre 2018. Des dérogations pourront être accordées jusqu’au 1er juillet 2020 par arrêté conjoint des ministres chargés de l’agriculture, de l’environnement et de la santé. L’arrêté sera pris sur la base d’un bilan établi par l’Anses qui comparera les bénéfices et les risques liés aux usages des produits phytopharmaceutiques contenant des substances actives de la famille des néonicotinoïdes autorisés en France avec ceux liés aux usages de produits de substitution ou aux méthodes alternatives disponibles (‘évaluation comparative’). Ce bilan portera sur les impacts sur l’environnement, notamment sur les pollinisateurs, sur la santé publique et sur l’activité agricole. Il sera rendu public.

Par ailleurs, pour les utilisateurs non professionnels, l’article 125 élargit la vente des produits phytopharmaceutiques en libre-service aux produits dont l’usage est autorisé dans le cadre de l’agriculture biologique (Article L.254-7 du Code Rural, précédemment modifié par la loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte). Ainsi, les produits de biocontrôle, les produits composés de substance de base uniquement et les produits utilisables en agriculture biologiques pourront continuer à être vendus en libre-service aux amateurs, après le 01 janvier 2017.

On retiendra également parmi les nombreuses mesures, l’interdiction du brevetage des produits issus des procédés essentiellement biologiques, l’autorisation, les échanges et les cessions gratuites aux jardiniers amateurs, et les échanges gratuits entre agriculteurs de semences végétales appartenant au domaine public, non inscrites au catalogue officiel des semences végétales.

 

A télécharger :

Loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages

Nos articles précédents :

FRANCE : l’interdiction des néonicotinoïdes rejetée par Stéphane Le Foll et le Sénat
FRANCE : l’Anses préconise le renforcement des conditions d’utilisation des Néonicotinoïdes
FRANCE : Focus sur l’interdiction des produits en Zones Non Agricoles et pour les Amateurs

 

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FRANCE : l’interdiction des néonicotinoïdes rejetée par Stéphane Le Foll et le Sénat

Stéphane Le Foll a réaffirmé son opposition à l’interdiction des néonicotinoïdes le 18 janvier 2016 lors de la présentation du nouveau plan de développement durable de l’apiculture : 

 

« Il y a les sujets liés au néonicotinoïdes et aux problèmes liés aux phytosanitaires. D’abord j’inscris ça dans la démarche générale liée aux phytosanitaires. Je ne cherche pas à dissocier. Et sur les néonicotinoïdes on a eu un avis de l’Anses qui nous a été rendu aux Ministres de l’Agriculture, de la Santé et de l’Environnement. Sur cet avis on va travailler. Mais par exemple si j’appliquais de manière immédiate les préconisations de l’Anses, ce serait complètement contradictoire en particulier avec les questions de rotation des cultures puisque si on utilise une année des néonicotinoïdes enrobés dans un champ, l’année d’après on ne peut pas sur ce même champ semer des cultures mellifères. Ca voudrait dire qu’à ce moment-là je limite mes capacités de rotation. Donc j’ai besoin de prendre un peu de temps et de discuter sur, là encore, la manière dont on peut apporter la réduction de l’utilisation des néonicotinoïdes, faire en sorte que ce soit compatible avec la production apicole parce que il y a déjà eu beaucoup de fait au niveau européen grâce à la France. Mais il faut qu’on continue de poursuivre parce qu’on sait que là il y a des sujets importants et on ne peut poursuivre que si on offre des moyens aux agriculteurs de pouvoir assumer ce genre de choix. Parce que si on n’a pas d’alternative, s’il n’y a aucune autre solution que l’interdiction, je me retrouve avec des agriculteurs qui, à juste titre, disent : mais nous on perd notre production. Et si on perd notre production on perd notre but donc ce n’est pas acceptable. Voilà pourquoi on va mettre en place un groupe de travail, qui intègrera d’ailleurs la question des néonicotinoïdes et puis globalement les phytos.”   Stéphane Le Foll

 

Par ailleurs, le 22 janvier 2016, le Sénat a rejeté plusieurs amendements visant à l’interdiction totale des néonicotinoïdes. L’amendement retenu préconise que c’est le Ministre de l’Agriculture qui déterminerait par arrêté les conditions d’utilisation des néonicotinoïdes en prenant en compte les conclusions de l’Anses (voir notre article du 21 janvier 2016 : l’Anses préconise le renforcement des conditions d’utilisation des Néonicotinoïdes). 
Ce texte devra être adopté dans les trois mois suivant la promulgation de la loi.

Le projet de loi Biodiviersité a été adopté par le Sénat le 26 janvier 2018.

Il doit maintenant passer devant l’Assemblée Nationale en deuxième lecture.

 

FRANCE : l’Anses préconise le renforcement des conditions d’utilisation des Néonicotinoïdes

L’Anses a publié le 12/01/2016 ses conclusions sur les risques présentés par les insecticides à base de substances néonicotinoïdes pour les abeilles et les autres pollinisateurs. Elle a été saisie sur ce sujet par les ministres chargés de l’écologie, de l’agriculture et de la santé.

L’Anses  indique que malgré des efforts de recherche considérables, il manque toujours des connaissances importantes concernant l’impact des néonicotinoïdes sur les abeilles. Par ailleurs, il n’est pas possible d’évaluer les effets sur les espèces sauvages à partir des éléments disponibles uniquement pour les abeilles domestiques (notamment du fait de différences de comportement selon les espèces).

 

 Pour les préparations contenant les substances actives clothianidine, thiaméthoxame et imidaclopride, et sur la base des évaluations des substances actives menées en 2015 par l’EFSA, l’Anses a identifié :

1.  Pour les usages autres que les traitements de semences et granulés, des usages pour lesquels les risques pour les abeilles domestiques, les bourdons et les abeilles sauvages sont acceptables, c’est le cas pour les usages :

  •  Sous serre permanente,
  • Sur cultures non attractives (pérennes et non pérennes) :
    • Lorsque les adventices dans la parcelle ne fleurissent pas,
    • Lorsque les cultures suivantes ne sont pas attractives,
    • En l’absence de cultures adjacentes en fleur ou de zones non cultivées adjacentes en fleur.
  • Sur des cultures attractives non pérennes lorsque l’application est réalisée après la floraison ou lorsque les cultures sont récoltées avant floraison, et lorsque les mêmes mesures que précédemment sont appliquées.

2.  D’autres usages qui appellent à des mesures de gestion renforcées :

  •  Traitement de semences sur une culture non attractive :
    • Dans l’attente des données confirmatives en cours d’évaluation au niveau européen, l’Anses propose de limiter l’implantation de cultures suivantes à des cultures non attractives pour les abeilles et les autres pollinisateurs.
  •  Traitements de semences sur céréales d’hiver :
    • Certaines conditions climatiques particulières (ex. : automne doux) justifient des mesures de gestion additionnelles. Ainsi l’Anses recommande pour les semences enrobées de céréales d’hiver la limitation du semis à des parcelles ne se situant pas à proximité de zones non cultivées adjacentes en fleurs, à des périodes où la température ambiante n’est pas durablement compatible avec l’activité des butineuses.
  •  Pulvérisation après la floraison sur vergers et vigne :
    • L’EFSA a conclu à un risque élevé pour une exposition l’année suivant l’application sur la base d’hypothèses très conservatrices. L’Anses conclut donc que les A.M.M. des préparations concernées ne pourront être maintenues qu’à la condition que les titulaires d’A.M.M. fournissent dans un délai d’un an des résultats d’analyses de ces résidus et que ces résultats démontrent l’absence de risques inacceptables pour les abeilles.

 L’Anses souligne que ces recommandations, basées sur les données actuellement disponibles, sont susceptibles d’évoluer au vu des travaux actuellement en cours dans le cadre de la procédure de ré-approbation des substances au niveau européen.

 

Pour en savoir plus :

Avis de l’Anses du 07 janvier 2016 relatif “aux risques que présentent les insecticides à base de substances de la famille des néonicotinoïdes pour les abeilles et les autres pollinisateurs dans le cadre des usages autorisés de produits phytopharmaceutiques”

 

EFSA Pesticides et abeilles : appel de données

Deux ans après la décision de restreindre l’utilisation de trois insecticides néonicotinoïdes (clothianidine, thiaméthoxame et imidaclopride), l’EFSA a publié le 22/05/2015 un appel de données sur les risques pour les abeilles associés à ces pesticides néonicotinoïdes utilisés en traitement des semences et en granules en Union Européenne.

Les parties intéréssées sont vivement encouragées à soumettre à l’EFSA toutes les données bibliographiques, rapports d’études, évaluations nationales et/ou données de monitoring pertinentes pour l’évaluation des risques associés à ces trois substance pour les abeilles mellifères, les bourdons et les abeilles solitaires.

Les informations devront parvenir à l’EFSA pour le 30 septembre 2015 au plus tard.

Dans un second temps, après réception d’un mandat distinct de la Commission européenne, l’EFSA examinera les éléments et formulera ses conclusions concernant une mise à jour de l’évaluation des risques.

L’EFSA évalue aussi actuellement les risques pour les abeilles liés aux applications foliaires de ces trois substances. L’Autorité finalisera ses conclusions d’ici la fin du mois de juillet.